09/07/2017

Salut Lili

 

Salut Lili

L’UJAP avait deux papas : Michel Gloaguen et Louis Le Boëdec, co-fondateurs du club. Elle est, ce soir, définitivement orpheline. En effet, Lili s’en est allé ce dimanche rejoindre son vieux complice au paradis des grands dirigeants sportifs. L’émotion est grande, au-delà de l’UJAP, au-delà du basket, au-delà de Quimper.

En effet, Lili fut un grand sportif avant de devenir un modèle de dirigeant. Né le 12 juillet 1933, il fut l’un des piliers de la J.A. dans les années 50-60, menant le patro de Saint-Matthieu au sommet du basket régional. Mais ce n’était pas le genre de Lili de s’épancher sur sa carrière : il préférait largement raconter les péripéties des déplacements avec les copains, ou le fonctionnement collégial de son club de toujours, autour du patro de la rue Jules Noël ou du stade de Kermabeuzen. Oh, bien sûr, il y avait toujours quelques anecdotes de derbies UJPA-Phalange pour pimenter la conversation !

Puis, après avoir occupé à peu près toutes les fonctions dirigeantes au sein de la J.A., mais aussi du Comité Départemental de basket, Lili a pris langue avec Michel Gloaguen pour construire en 1984, sous l’amicale pression du duo Marc Poriel – Dédé Le Moustarder, le projet de la fusion entre J.A. et Phalange, un projet qui donna naissance à l’UJAP que nous connaissons aujourd’hui.

Dès le début de la saison 84-85, Lili s’attacha à tisser les liens indéfectibles qui unirent les licenciés des deux clubs : « maintenant, tu me dis « tu » hein, fini de se vouvoyer ! ». Avec Jean, son frère, ils formaient une paire d’OTM redoutable pour les visiteurs : le Likès devait rester une place forte inexpugnable, et ce quel que soit le niveau du championnat ! Et si Lili prenait le sifflet, gare aux impétrants : « tu m’as traité de petit con ? Gros con, vieux con, je veux bien, mais petit con, non ! ». Et l’insolent de regagner son banc, l’oreille basse et l’air penaud. On peut aussi évoquer ces festivités familiales à Kermoguer, qui se terminaient inévitablement par des chants scouts plus ou moins ré-improvisés…

Mais plus sérieusement, Lili passa toute sa carrière de dirigeant ujapiste à tisser des liens entre générations, mais aussi entre le monde de l’entreprise (il fut lui-même un dirigeant respecté du Crédit Agricole, sponsor historique de notre club) et celui de l’UJAP. Il ouvrit régulièrement les portes de son réseau à ceux qui surent mériter son respect. Et aujourd’hui encore, on retrouve autour du basket Pro des partenaires qu’il a arrimés au destin du club dans les années 80.

Lili, c’était la droiture et la fidélité faites homme ; le respect de la parole donnée personnifié. Il était si exigeant avec lui-même qu’on ne pouvait que respecter ses propres engagements à son égard. C’était un homme d’émotion, la larme facile, la colère spontanée et, si vite derrière, le sourire aux lèvres.

Lili, c’était aussi un patriarche à la voix haute mais au cœur tendre. Nous garderons toujours dans un coin de notre cœur ses après-midis d’été passés à Mousterlin avec Aline et lui, à évoquer l’UJAP bien sûr, les belles histoires de la J.A. et les chicaneries avec la Phalange, mais aussi le devenir de ses petits-enfants auxquels il vouait un amour qui illuminait son regard.

Sans Lili et sans Michel, l’UJAP ne sera plus jamais la même que celle qu’ils ont portée sur les fonts baptismaux. Mais gageons que leur conversation va reprendre là-haut, et qu’ils sauront nous inspirer dans la construction de l’UJAP de demain.

Nos pensées vont à Aline, bien évidemment, avec qui Lili a tout partagé depuis si longtemps ; à Maryse et à Jean-Luc, leurs enfants, et à tous leurs petits-enfants dont Lili était si fier ; à Frère Jean, son frère complice, et à toute la coterie de Mousterlin, ces compagnons de route indéfectibles qui, ce soir, même à sept, doivent se sentir un peu seuls…